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Transidentité

La Transidentité chez les Témoins de Jéhovah

Bien que les Témoins de Jéhovah accordent moins d'intérêt aux personnes transsexuels dans leurs publications il n'est pas difficile de s'imaginer leur position sur le sujet. Le mot transsexualité est employé dans la Tour de Garde du 15 septembre 1974, page 552. Il est utilisé dans le dernier paragraphe pour exposer un jugement sur sa nature. Elle est présentée comme symptomatique de l'immoralité ambiante :

 

 

"L’accroissement de la “transsexualité” n’est qu’un des aspects du développement de pratiques “contre nature” caractérisant dans une large mesure les temps actuels (comparer avec Romains 1:26). Pour ceux qui ont de tels penchants, le remède n’est pas une intervention chirurgicale, mais une nouvelle conception, le renouvellement ‘dans la force qui incline leur esprit’ avec l’aide de la Parole de Dieu."

w74 15/9 p. 552

 

Ce paragraphe à valeur de condamnation, blessant et injuste révèle l'ignorance la plus absolue du Collège Central pour qui l'Esprit de Dieu reste la solution à tout…

Témoignage

Le cas de Jessica

"Jessica est transgenre MTF (une femme née avec des attributs physiques masculins) et après un mariage forcé dicté par ses convictions religieuses elle se bat désormais pour se faire accepter dans sa congrégation en tant que femme et obtenir sa réintégration suite à une excommunication abusive due à son trouble de l'identité de genre. Voici tout d'abord de larges extraits d'un témoignage qu'elle avait déjà publié le 25 avril 2009 sur un site web d'entraide, en réponse à la question Comment les Témoins de Jéhovah considèrent-ils les personnes transgenres ? et à laquelle des témoignages similaires étaient venus se greffer : 

 

« J'ai aussi été élevé en tant que Témoin de Jéhovah. J'ai souffert avec ce 'désordre' [de l'identité sexuelle] pendant 50 ans. J'ai fait du mieux que j'ai pu pour cacher ses sentiments. Je me suis mariée à 20 ans et ma femme et moi avons eu un fils alors que j'avais 24 ans. J'ai été nommé en tant qu'assistant ministériel peu de temps après. Je pensais que cela ferait partir mes sentiments. Ce qui n'a pas été le cas. J'ai élevé mon fils dans la "vérité" et j'ai essayé d'être le meilleur père et mari qui soit, ce dont tout le monde pouvait témoigner." Mais rien de tout cela n'a changé la façon dont je me considérais. 

 

Il y a 10 ans la dépression a commencé. Ce fut surtout à cause de la culpabilité que je ressentais. Je sentais bien que je vivais une double vie à cause de mes sentiments. Pour commencer, les femmes ne sont pas censées être des assistants ministériels dans la congrégation. Ma femme et moi avons essayé de faire face à cette situation au mieux. J'avais affaire à des pensées suicidaires quotidiennes, car je savais que partir de cette façon serait plus supportable pour mon fils que de voir son père se faire excommunier. Nous avons finalement réalisé que la transition [la chirurgie de réaffectation de sexe] était la seule réponse.Ma femme et mon fils ont estimé que c'était effectivement une meilleure solution que le suicide. Mes amis proches dans la congrégation ressentaient la même chose.

 

Ma femme est allée voir les anciens il y a 2 ans [en 2007] afin qu'ils puissent m'aider à faire face à ma dépression. Ils n'ont fait que relire des versets bibliques que je connaissais par coeur. […] Mais je savais que mes sentiments ne disparaitraient jamais. J'ai donc fait l'objet d'une procédure d'excommunication pour "mauvaise conduite" pour ne pas avoir suivi leurs conseils. Ils ne se souciaient absolument pas de mon "trouble de l'identité sexuelle", ni de ma dépression, ni de mes envies de suicide. J'ai toutefois continué à faire semblant d'être un homme. À l'époque de mon excommunication [en 2008], je n'avais pas encore commencé à m'habiller comme une femme.

 

Après cela, j'ai commencé ma transition et décidé d'aller à la réunion. sous le nom de Jessica. Mon épouse et mon fils me soutenaient et y étaient favorables.

 

Après mon opération, ma femme et moi avons divorcé mais nous avons continué à vivre ensemble. C'est à cette époque que j'ai affronté les anciens à propos de l'utilisation des toilettes pour femmes. On m'a dit que je devrais continuer à utiliser les toilettes pour hommes, même sous les yeux de la congrégation. Ce fut un embarras total pour moi et parce que j'ai protesté, j'ai été bannie de la congrégation.

 

Sur les conseils des anciens, mon ex-femme m'a laissé tomber peu de temps après et elle et mon fils ne veulent plus rien à voir avec moi alors que jusque-là, il m'avaient soutenue.

 

Je suis alors allée à une autre congrégation. Au début, ils étaient réceptifs malgré mon excommunication. Cependant, lors de ma deuxième réunion, les anciens ont demandé à me rencontrer. Ils m'ont rapidement demandé de "trouver une autre religion. Une où les gens comme moi seraient acceptés". 

Ensuite, l'autre ancien a suggéré que puisque cette solution était pour moi inaceptable, "je serais détruite à Har-Maguédôn, peu importe le nombre de réunion auxquelles j'assisterais". Puis on m'a signifiée que je n'étais pas non plus la bienvenue ici. […]

 

Je ne suis plus allée à la Salle du Royaume pendant six mois, même si j'ai fait appel aux anciens à plusieurs reprises. Tout cela ne m'a pas aidée à faire face à la dépression, bien que, depuis l'opération, je ne lutte plus avec la culpabilité et le sentient de mener une double vie. J'ai su par mon ex-femme que je ne serais acceptée de nouveau dans la congrégation que si j'apparaissais comme un homme, même si c'est tout à fait impossible a niveau chirurgical.

 

Je pensais que Jéhovah ne regardait pas l'apparence extérieure (1 Samuel 16:7, Galates 2:6). Alors quelle différence cela fait-il ce dont à quoi je ressemble dans la mesure où je suis habillée modestement et que je sers Jéhovah au mieux de mes capacités ? Rien de cela n'a touché les anciens. » 

 

Depuis 2009, lorsque Jessica se rend à la Salle du Royaume 

son fils et son ancienne épouse ne la regardent même plus. L'organisation de Jéhovah a accompli sa mission : faire passer Jessica pour morte aux yeux de sa famille. Et elle n'a aucun moyen physique de revenir tant que le Collège central cherchera à faire d'elle un homme !

 

Le mot de la fin je le laisse à la Bible : 

 

"Malheur à vous, spécialistes de la Loi et pharisiens hypocrites ! Parce que vous barrez aux autres l'accès au royaume des cieux. Non seulement vous n'y entrez pas vous-mêmes, mais vous empêchez d'entrer ceux qui voudraient le faire." - Matthieu 23:13 (Bible du semeur)"

 

Témoignage tiré du livre "Je n'ai pas choisi d'être homosexuel, je suis juste chanceux" de Frédéric Bellec

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